La crécerelle d’Amérique, petit faucon en péril

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Naïm Savoie

Pourquoi ? Pour qui est-ce qu’on mange bio ? Ici chez Accommodation Bio on a plein de bonnes raisons à vous soumettre. Aujourd’hui je veux vous parler de la crécerelle d’Amérique. Le plus petit oiseau de proie à orner les lisières de nos forêts. J’aimerais pouvoir juste vous parler de la grâce de son plumage magistral, de l’agilité de son envol, de l’utilité écologique de sa diète d’insectes et de petit rongeurs, mais avec chagrin je dois vous parler de son déclin dans les régions agricoles du Québec et du Canada.

Même si elle n’est pas encore considérée comme une espèce menacée, la crécerelle connait une baisse importante dans plusieurs régions. À l’échelle nord-américaine la population aurait baissée de moitié depuis les années soixante. Dans les prairies canadiennes, une région fort densément agricole, le déclin encore plus alarmant serait de l’ordre de 80%. Au Québec, là où il y moins d’agriculture, le déclin est de 38%. Mais si on regarde par région; là où il y a des concentrations de cultures de maïs et de soya transgéniques, comme dans la vallée du saint Laurent, on peut y voir un déclin similaire à celui enregistré dans les prairies depuis des décennies.

Premièrement, les monocultures intensives produisent un couvert végétal trop dense et trop égal pour que les oiseaux aient accès à leurs proies. La biodiversité de la faune d’insectes dans ces cultures est tellement réduite que leur diète en est compromise. Ensuite il y les pesticides, en particulier les insecticides comme les organochlorées. On sait depuis des années que ces composés sont néfastes pour la fertilité des rapaces. Portant ils sont encore largement utilisés.

Là où il y a des arrosages d’insecticides, dans les nichoirs les œufs sont morts nées. Les oiseaux prédateurs sont en haut de la chaine alimentaire. Ils sont les premiers à souffrir des impacts de la concentration trophique des contaminants.  Ils sont le canari dans la mine qui nous indique que l’écosystème est en grave danger.

Informez-vous. Allez voir les initiatives des membres de la Wild Life Society de l’université Laval comme David Dussault, responsable du projet Projet Crècerelle. Écoutez la capsule de la Semaine verte sur le sujet. Peut-être apprendre à construire un nichoir dans votre région si vous êtes en périphérie de la ville. Surtout militez pour conserver des zones sauvages sans monocultures et dites fièrement pourquoi vous choisissez d’acheter local, biologique et sans OGM. La crécerelle n’est qu’un argument parmi tant d’autres.

Ne laissez jamais personne tenter de vous convaincre de l’inutilité ou de l’inefficacité de l’agriculture biologique sur petite ferme bio diversifiée. Parlez leur d’une femelle crécerelle près d’un champ de maïs qui couvé tout le printemps, mais qui n’a jamais vu ses œufs éclore.

 

Références :

La semaine Verte                                                                                                                                                            http://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/segments/reportage/47449/crecerelles-oiseaux-declin

Projet Crèserelle. Chapitre étudiant de la Wildlife Society à l’Université Laval. https://www.wildlife.asso.ulaval.ca/accueil/

Stanley N. Wiemayer, Donald W. Sparling. Acute toxicity of four anticholinesterase insecticides to American kestrels, eastern screech-owls and Northern Bobwhites.  Environmental Toxicology and Chemistry, Volume 10, Issue 9 1991, 1139–1148.

E. HebertD. V. WeselohL. KotV. Glooschenko. Organochlorine Contaminants in a Terrestrial Foodweb on the Niagara Peninsula, Ontario, Canada 1987–89. 1994, Volume 26, Issue 3, pp 356–366.

 

 

 

 

 

 

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